06 11 77 46 35 12 bd Joseph Garnier · Nice
Kinésiologue certifiée · Brain Gym
Réponse courte

Un soin réglementé, et un espace en marge

L'orthophonie est une profession de santé réglementée, diplôme d'État, remboursée par la Sécurité sociale sur prescription. Elle prend en charge les troubles du langage, de la parole, de la lecture, de l'écriture, du calcul, de la déglutition, de la voix, pour l'enfant comme pour l'adulte. Sa place ne se discute pas.

La kinésiologie n'est pas un soin. Elle ne complète pas l'orthophonie sur ses indications propres. Elle ne « débloque » pas la lecture, ne « libère » pas la parole, n'accélère pas la récupération après un AVC. Un praticien qui présente la kinésiologie comme complémentaire à l'orthophonie ment sur son cadre.

Ce qu'elle peut proposer : un espace ponctuel autour du vécu émotionnel d'un suivi orthophonique long — fatigue de l'enfant, découragement, refus de venir aux séances, tensions accumulées. En marge, jamais à la place. Avec l'accord de l'orthophoniste si l'enfant en parle et si elle le juge utile.

Position claire — sur la coexistence des deux

L'orthophonie prime, la kinésiologie coexiste

Vous êtes ici parce que vous suivez ou envisagez une rééducation orthophonique — pour vous, pour votre enfant, pour un proche. Peut-être que le suivi est long, que la motivation faiblit, que la fatigue s'installe. Peut-être qu'un praticien vous a parlé de « kinésiologie complémentaire à l'orthophonie » et que vous vous demandez si c'est sérieux.

Disons-le tout de suite : l'orthophonie est un soin. Une profession de santé réglementée par le Code de la santé publique. Diplôme d'État sur cinq années. Actes remboursés par la Sécurité sociale sur prescription médicale. Encadrée par la Haute Autorité de santé, la Fédération nationale des Orthophonistes, l'Assurance Maladie. Elle a fait ses preuves sur les indications qui lui sont propres. Ce n'est pas une méthode parmi d'autres.

Une position honnête : la kinésiologie n'a rien à ajouter à l'orthophonie sur ses indications thérapeutiques. Elle ne débloque pas la lecture d'un enfant dyslexique, ne libère pas la parole d'un enfant bègue, ne restaure pas le langage après un AVC. Un praticien qui prétend « accompagner l'orthophoniste » sur ces indications outrepasse son cadre. Sortir du cabinet.

Ce qui reste vrai : un suivi orthophonique long peut peser. Un enfant qui va à l'orthophonie depuis deux ans peut se lasser, se décourager, refuser de venir, accumuler des tensions. Un adulte en rééducation post-AVC peut vivre un vécu émotionnel intense. Un espace de dépose ponctuel, sans revendication de « travail sur le trouble », peut avoir sa place en marge. Avec l'accord de la personne concernée.

Cette page distingue ce que fait l'orthophonie, ce que ne fait pas la kinésiologie, ce qui peut ponctuellement coexister, les précautions à tenir, et les dérives fréquentes du champ des « complémentarités thérapeutiques ».

Pour un premier échange, le cabinet reçoit au 12 boulevard Joseph Garnier à Nice. Les pages voisines sur la mémoire et l'apprentissage, les difficultés scolaires, les enfants et la différence entre kinésiologie et sophrologie complètent celle-ci.

Cadre légal — profession de santé réglementée

Ce que fait l'orthophonie

L'orthophonie est un soin réglementé, avec un cadre de formation et de pratique établi.

Ce cadre est le premier repère. Sans lui, aucune démarche complémentaire ne peut être pensée honnêtement.

Le cadre légal de l'orthophonie

  • Profession de santé réglementée par le Code de la santé publique (art. L4341-1 et suivants)
  • Diplôme d'État sur cinq ans, accessible sur concours à l'entrée en école
  • Actes prescrits par un médecin, remboursés par la Sécurité sociale sur bilan préalable
  • Encadrée par l'Ordre professionnel (créé en 2016), la HAS, la Fédération nationale des Orthophonistes
  • Efficacité démontrée par de nombreuses études cliniques sur les indications qui lui sont propres
  • Bilan orthophonique préalable obligatoire, avec objectifs, plan de soins, réévaluations régulières

« L'orthophonie est un soin réglementé. Elle n'est pas une méthode parmi d'autres. Ce cadre est le premier repère. »

Les indications de l'orthophonie

L'orthophoniste prend en charge, pour l'enfant comme pour l'adulte, une palette large : troubles du langage oral (retard de langage, dysphasie), troubles du langage écrit (dyslexie, dysorthographie), dyscalculie, bégaiement, troubles de la déglutition, troubles de la voix, troubles logico-mathématiques, retards liés à une déficience intellectuelle ou à un trouble du spectre autistique, troubles neurologiques acquis pour l'adulte (aphasie post-AVC, maladies neurodégénératives).

Un travail qui demande du temps

Une rééducation orthophonique se compte en mois, souvent en années, avec un rythme d'une à deux séances par semaine. Cette temporalité est nécessaire — le cerveau a besoin de temps pour intégrer les progrès. Aucune démarche « accélératrice » ne raccourcit ce temps.

Position claire — sur les indications propres à l'orthophonie

Ce que la kinésiologie ne peut pas faire

Sur les indications propres à l'orthophonie : aucune ambiguïté.

La kinésiologie n'a pas de place clinique sur ce que l'orthophonie prend en charge. Toute revendication en ce sens outrepasse son cadre.

Objectifs impossibles à porter
  • Ne « débloque » pas la lecture d'un enfant dyslexique — ce travail se fait avec l'orthophoniste
  • Ne « libère » pas la parole d'un enfant qui bégaie — un cadre orthophonique spécifique existe
  • Ne restaure pas le langage d'un adulte après un AVC — la rééducation aphasique est de l'orthophonie
  • Ne travaille pas la déglutition, la voix, l'articulation
  • N'accélère pas les progrès obtenus en orthophonie
  • Ne « prépare » pas au bilan orthophonique
  • Ne remplace pas un bilan orthophonique préalable
  • Ne pose aucun diagnostic sur les troubles du langage, de la lecture, du calcul

Signal d'alerte majeur : un praticien qui se présente comme « en complément de l'orthophonie » sur ces indications outrepasse son cadre. Cette formulation, fréquente dans les brochures commerciales, est trompeuse. Sortir du cabinet.

Sur la « kinésiologie éducative » et la Brain Gym

Certains courants de kinésiologie — kinésiologie éducative, Brain Gym — se présentent explicitement comme complémentaires à l'orthophonie ou comme remèdes aux troubles d'apprentissage. Ces revendications ne sont pas validées par les études indépendantes. L'INSERM 2013, Hyatt 2007 (Remedial and Special Education) et plusieurs travaux en psychologie cognitive concluent à l'absence d'effet propre au-delà du placebo. Elles ne devraient pas être présentées comme des soins.

Champ d'accompagnement — le vécu autour du soin

Ce qui peut coexister, en marge du soin

Un espace ponctuel pour le vécu émotionnel qui entoure une rééducation orthophonique longue.

Une rééducation orthophonique qui dure des mois ou des années peut peser. Pas sur le trouble lui-même — l'orthophoniste s'en charge — mais sur ce que la personne vit autour du soin. Cette charge n'est pas cognitive, elle est émotionnelle et corporelle.

Ce sur quoi une séance peut ponctuellement porter
  • La fatigue diffuse d'un enfant qui enchaîne école, devoirs, orthophonie depuis longtemps
  • Le découragement, le sentiment de « ne pas y arriver » qui pèse à côté du travail de l'orthophoniste
  • Les tensions corporelles accumulées lors de longues séances de rééducation
  • Le refus de venir aux séances qui apparaît parfois après plusieurs mois de suivi
  • L'anxiété avant un bilan de contrôle, avant une évaluation
  • La lassitude d'un adulte en rééducation post-AVC qui vit un vécu émotionnel intense
  • Le poids familial d'un long parcours de soins pour les parents
  • La perte de plaisir dans les activités d'apprentissage

Une nuance essentielle : aucun de ces points ne travaille sur le trouble. Aucun ne remplace le suivi orthophonique. Tous portent sur le vécu de la personne autour du soin. C'est un objectif ponctuel, sans revendication clinique.

Avec l'accord des personnes concernées

Une séance en cabinet, si elle a lieu, ne se met pas en place sans en parler à l'orthophoniste. Non pour lui demander la permission, mais pour transparence : la personne fait telle démarche complémentaire, pour tel objectif limité. Cette transparence permet à chaque professionnel de faire son travail sans confusion, et à la personne de ne pas se retrouver écartelée entre des logiques contradictoires.

Vigilance — précautions à tenir absolument

Précautions à tenir absolument

Coexister avec un suivi orthophonique demande de la clarté sur ce que chacun fait.

Sans ces précautions, la démarche complémentaire peut devenir contre-productive, brouiller la trajectoire de soin, retarder les progrès, décourager la personne concernée.

Cinq précautions essentielles

Ne jamais retarder ou reporter un bilan orthophonique. Si une difficulté d'apprentissage est repérée, la première étape est le médecin traitant qui prescrit le bilan. Pas une séance de kinésiologie.

Ne jamais présenter la kinésiologie comme « équivalente » à l'orthophonie. Elle ne l'est pas. Un praticien qui laisse penser le contraire fait courir un risque à la personne.

Prévenir l'orthophoniste de toute démarche complémentaire. Simple transparence. La personne peut avoir plusieurs professionnels autour d'elle — chacun doit savoir ce que font les autres pour éviter les confusions.

Ne pas confondre une séance corporelle avec un « travail sur le trouble ». Un enfant qui pense que sa séance de kinésiologie va « soigner » sa dyslexie va se décourager quand il verra que la lecture ne change pas — parce qu'elle ne change qu'avec l'orthophonie.

Interrompre la démarche complémentaire si elle brouille le suivi principal. Un enfant qui refuse d'aller à l'orthophonie parce qu'« il fait déjà de la kinésiologie » — situation à corriger immédiatement, l'orthophonie prime.

Vigilance — dérives fréquentes

Praticiens à éviter

Le champ de la « complémentarité aux professions de santé » est particulièrement ciblé par les dérives signalées par la Miviludes.

L'espoir des familles, la vulnérabilité des personnes en parcours de soin, la complexité du système de santé, sont exploités par certains discours commerciaux. Les repérer permet de protéger la démarche de soin principale.

Fuir un praticien qui...
  • Se présente comme « spécialiste des troubles DYS » sans être orthophoniste ni neuropsychologue
  • Propose de « compléter » le travail de l'orthophoniste sur les indications qui lui sont propres
  • Prétend « accélérer les progrès » d'une rééducation orthophonique
  • Recommande d'espacer, réduire ou arrêter les séances d'orthophonie
  • Contredit ouvertement l'orthophoniste sur la nature du trouble ou sur la prise en charge
  • Se dit « formé en Brain Gym » ou « kinésiologie éducative » et présente ces méthodes comme des soins
  • Vend un « pack complémentaire à l'orthophonie » à des sommes disproportionnées
  • Refuse de communiquer avec l'orthophoniste, le médecin, le neuropsychologue
  • Culpabilise (« les progrès sont lents parce que vous ne faites pas assez de kinésiologie »)

Ces pratiques sont signalables. La Miviludes recueille les signalements de dérives à caractère sectaire ou abusif. L'Ordre professionnel des orthophonistes peut être saisi en cas de confusion des rôles. Une pratique commerciale trompeuse peut être remontée à la DGCCRF via SignalConso.

Où se déroule la séance

Trois lieux possibles — toujours en présentiel

Pour une séance qui coexiste avec un suivi orthophonique, le lieu compte : un cadre calme, sans posture d'expertise sur le langage ou les apprentissages.

Au cabinet à Nice

12 boulevard Joseph Garnier, 06000 Nice. Espace neutre, calme. Accès tram Borriglione ou Libération, bus ligne 11.

À votre domicile

Pertinent pour les personnes à mobilité réduite, après une journée dense, ou pour un enfant. À convenir au téléphone.

Sur le lieu de travail

Option pour une séance sur pause de midi. En concertation avec l'employeur si nécessaire.

Présentiel uniquement. Le test musculaire et la lecture corporelle qui guident la séance ne peuvent pas s'effectuer autrement.
Ressources orthophonie et apprentissages

Les cadres à solliciter en priorité

Six ressources publiques et institutionnelles reconnues sur l'orthophonie et les troubles d'apprentissage. Gratuites, remboursées ou indépendantes du cabinet.

Autorité sanitaire
HAS — Recommandations orthophoniques
Recommandations officielles de la Haute Autorité de santé sur le bilan et la prise en charge orthophonique. has-sante.fr
Syndicat professionnel
FNO — Fédération nationale des Orthophonistes
Annuaire des orthophonistes conventionnés, informations grand public sur la profession. fno.fr
Instance ordinale
Ordre des Orthophonistes
Ordre professionnel des orthophonistes en France (créé en 2016). Registre national, déontologie, saisine possible. orthophonistes.fr
Fédération DYS
FFDys — Fédération Française des DYS
Fédération nationale d'associations de personnes concernées par les troubles DYS. Guides, permanences, orientation. ffdys.com
Psy remboursé dès 3 ans
Mon Soutien Psy — CPAM
Douze séances remboursées par an sur prescription, accessibles dès l'âge de 3 ans. Compatible avec un suivi orthophonique. monsoutienpsy.ameli.fr
Signalement dérives
Miviludes
Recueille les signalements de dérives thérapeutiques à caractère sectaire ou abusif, notamment autour des « complémentarités » aux soins. derives-sectes.gouv.fr
FAQ

Questions fréquentes avant un premier rendez-vous

La kinésiologie peut-elle remplacer l'orthophonie ?

Jamais. L'orthophonie est une profession de santé réglementée avec un diplôme d'État et des indications spécifiques portées par des études cliniques. La kinésiologie n'a ni ce cadre ni ces indications. Un praticien qui laisse penser le contraire fait courir un risque à la personne.

Mon enfant est en orthophonie, dois-je en parler à l'orthophoniste avant une séance ?

Oui, par simple transparence. La démarche complémentaire doit être connue de l'orthophoniste, sans qu'elle ait à l'autoriser. Cette information évite les confusions dans la trajectoire de soin de l'enfant et permet à chacun de faire son travail sans interférer.

La Brain Gym est-elle utile en complément de l'orthophonie ?

Les études indépendantes n'ont pas démontré d'efficacité de la Brain Gym au-delà du placebo. Elle ne devrait pas être présentée comme un soin ni comme un complément thérapeutique à l'orthophonie. La seule voie validée pour les troubles d'apprentissage reste la prise en charge orthophonique, ergothérapique ou neuropsychologique selon le diagnostic.

Peut-on faire une séance ponctuelle pour un enfant qui refuse d'aller à l'orthophonie ?

Le refus de l'enfant est un signal à explorer avec l'orthophoniste elle-même — souvent, il indique une phase, une lassitude, une difficulté particulière dans le suivi. Une séance corporelle ne remplace pas ce dialogue. Elle peut éventuellement accompagner l'enfant sur son vécu, mais l'objectif n'est jamais de le faire retourner à l'orthophonie par contournement.

Après un AVC, la kinésiologie peut-elle aider à récupérer la parole ?

Non. La récupération du langage après un AVC (aphasie) est de la compétence exclusive de l'orthophoniste, avec des protocoles spécifiques. Une séance corporelle peut éventuellement accompagner le vécu émotionnel de la personne autour de sa rééducation, jamais travailler sur le langage lui-même.

Combien de séances prévoir ?

Aucune règle fixe. Une ou deux séances pour évaluer si un accompagnement fait sens sur le vécu. Un cabinet qui vend un « pack complémentaire à l'orthophonie » ou un « protocole apprentissages » anticipé n'est pas à retenir.

Que faire si un praticien contredit mon orthophoniste ?

C'est un signal d'alerte majeur. Un praticien qui contredit ouvertement l'orthophoniste sur la nature du trouble ou sur la prise en charge outrepasse son cadre. Sortir du cabinet, en parler à l'orthophoniste et éventuellement signaler la pratique à l'Ordre professionnel des orthophonistes ou à la Miviludes.

Comment reconnaître un bon praticien qui respecte le cadre orthophonique ?

Un bon praticien ne se présente jamais comme « complémentaire » à l'orthophonie sur les indications propres, encourage la rééducation orthophonique, ne prétend rien sur le trouble, oriente vers l'orthophoniste ou le neuropsychologue quand une difficulté d'apprentissage est évoquée. Il ne propose qu'un espace ponctuel sur le vécu, avec l'accord de la personne concernée.

Pour un échange avant de décider

Cabinet · 12 bd Joseph Garnier, 06000 Nice · adulte 70 € · ado 70 € · enfant 60 € · présentiel uniquement