Kinésiologie et stress alimentaire
Vous mangez quand vous êtes stressé-e. Vous grignotez sans faim. Vous compensez vos émotions avec la nourriture. Parfois, c’est une alimentation émotionnelle bénigne ; parfois, c’est le signal d’un trouble du comportement alimentaire qui mérite un cadre spécialisé. Cette page propose un cadre honnête : distinguer ces situations, les ressources validées existantes, et la place très mesurée d’un appoint corporel.
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Alimentation émotionnelle
ou trouble alimentaire : la distinction est clé
Avant tout, une distinction qui change radicalement la prise en charge. Le lien entre stress et alimentation est documenté : c’est ce qu’on appelle parfois l’alimentation émotionnelle. La nourriture devient un outil de régulation des émotions difficiles (anxiété, tristesse, ennui, colère, parfois même la joie). C’est fréquent dans la population générale, souvent bénin et gérable avec un travail de prise de conscience et de gestion du stress.
Mais à un certain seuil de fréquence, d’intensité, de retentissement sur la vie ou de souffrance, ces comportements basculent dans le domaine des troubles du comportement alimentaire (TCA) : anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique, trouble alimentaire restrictif ou évitant (ARFID), trouble alimentaire non spécifié. Ce sont des pathologies psychiatriques reconnues (DSM-5, CIM-11), avec des conséquences médicales parfois graves, et qui relèvent d’une prise en charge spécialisée.
Mal nommer une situation, c’est mal y répondre. Une alimentation émotionnelle bénigne ne se traite pas comme un trouble alimentaire installé. Et un trouble alimentaire ne se résout pas avec un appoint corporel ou des conseils nutritionnels.
Cette page propose un cadre en cinq temps. D’abord, les quatre situations à distinguer pour situer ce que vous vivez. Ensuite, les ressources validées existantes selon la situation. Une distinction claire entre ce qu’un appoint corporel peut très modestement et ce qu’il ne peut pas. Et enfin, les drapeaux rouges : signaux qui imposent un avis spécialisé sans attendre.
Précisons d’emblée : ce domaine est très exposé aux pratiques nocives, particulièrement pour les personnes en souffrance avec leur alimentation. Régimes restrictifs miraculeux, identifications de « causes émotionnelles cachées », promesses de perte de poids rapide, kinésiologie présentée comme thérapie des TCA : autant de pièges qui peuvent retarder une prise en charge spécialisée et aggraver la situation. La Miviludes alerte régulièrement sur ce domaine. Voir cadre stress et tensions.
Si signes évocateurs d’un trouble alimentaire
Si vous vous reconnaissez dans : crises de boulimie (accès de prise alimentaire incontrôlée), vomissements provoqués, restriction alimentaire marquée, perte de poids importante, obsession du poids ou des aliments, ou souffrance intense liée à l’alimentation : la prise en charge appartient à un parcours spécialisé (médecin traitant, psychiatre ou psychologue formé-e aux TCA, diététicien-nutritionniste spécialisé, parfois unité spécialisée en TCA). Aucun appoint corporel ne remplace ce parcours. Ressource clé : FFAB (anorexieboulimie-afdas.fr).
Cette page développe
- 4 situations à distinguer cliniquement
- Ressources validées selon la situation
- Ce qu’un appoint peut, ce qu’il ne peut pas
- Drapeaux rouges et urgences
- FAQ et cadre local Nice
- Pages liées pour approfondir
Séance au cabinet
Adulte 70 € (1h-1h15). Présentiel uniquement. Pas de visio. Le premier échange téléphonique sert d’abord à vérifier que votre situation relève d’un éventuel appoint corporel très mesuré, et non d’une prise en charge spécialisée prioritaire.
Quatre situations
à distinguer pour bien agir
Le diagnostic d’un TCA appartient au médecin et au psychologue ou psychiatre formé-e. Ce tableau aide à situer ce que vous vivez, sans s’y substituer.
L’alimentation émotionnelle bénigne
Manger sous l’effet d’une émotion difficile, occasionnellement, sans crise incontrôlée ni retentissement important sur la santé, le poids ou la vie sociale. Fréquent dans la population générale (la plupart des personnes le font à un moment ou un autre). Ne devient problématique que par sa fréquence excessive, son intensité, ou la charge de culpabilité associée.
Exemple : une part de chocolat le soir après une journée difficile, sans culpabilité excessive, sans crise ni purge, sans retentissement marqué. Ce n’est pas une pathologie.
L’hyperphagie boulimique
TCA reconnu (DSM-5) : accès récurrents de prise alimentaire en grande quantité en peu de temps, avec sensation de perte de contrôle, sans comportement compensatoire (pas de vomissements provoqués ni de jeûne compensateur). Critère : au moins une fois par semaine pendant 3 mois, accompagnée d’une souffrance marquée. C’est le TCA le plus fréquent en France (3-5 % de la population).
Souvent associée à un surpoids ou une obésité, mais pas toujours. Souvent intense culpabilité, retrait social, parfois dépression associée. Prise en charge spécialisée : médecin traitant, psychologue ou psychiatre formé-e aux TCA, parfois diététicien spécialisé-e. Voir fatigue émotionnelle.
La boulimie
TCA reconnu (DSM-5) : accès de prise alimentaire avec perte de contrôle, suivis de comportements compensatoires (vomissements provoqués, prise de laxatifs ou diurétiques, jeûne prolongé, sport excessif). Critère : au moins une fois par semaine pendant 3 mois. Souvent cachée, souvent associée à un poids dans la fourchette « normale » (ce qui retarde le diagnostic), souvent forte souffrance et culpabilité.
Conséquences médicales potentiellement graves : troubles électrolytiques (hypokaliémie), atteinte dentaire (érosion par les vomissements), atteinte digestive, parfois troubles cardiaques. Prise en charge spécialisée indispensable : médecin traitant, psychiatre formé-e aux TCA, parfois unité spécialisée, suivi nutritionnel.
L’anorexie mentale
TCA reconnu et pathologie potentiellement grave. Restriction alimentaire conduisant à un poids significativement bas, peur intense de prendre du poids, distorsion de l’image corporelle, parfois aménorrhée, parfois hyperactivité physique. Forme restrictive ou avec accès et purges. La mortalité de l’anorexie est la plus élevée parmi les troubles psychiatriques : repérage et prise en charge précoces critiques.
Aucun appoint corporel ne traite l’anorexie : la prise en charge spécialisée est impérative (médecin, psychiatre, diététicien spécialisé, parfois hospitalisation spécialisée). Ressource clé : FFAB (Fédération Française Anoréxie Boulimie, anorexieboulimie-afdas.fr). Voir cadre stress et tensions.
Existent aussi : ARFID (trouble alimentaire restrictif/évitant, plus fréquent pour les enfants et adolescents, éviction alimentaire non liée à la peur du poids), orthorexie (obsession de l’alimentation « saine », non reconnue formellement dans le DSM mais cliniquement réelle), compulsions alimentaires isolées non répétées. Tous relèvent d’une évaluation clinique spécialisée. Le seul questionnement honnête à se poser : ce que je vis avec la nourriture me fait-il souffrir ? Cela retentit-il sur ma santé, mon poids, ma vie sociale, mon équilibre ? Si oui : consultation médicale, pas d’auto-diagnostic. Voir charge mentale.
Les ressources
selon la situation
Si vous traversez un comportement alimentaire qui vous interroge ou vous fait souffrir, voici les ressources prioritaires à mobiliser. Toutes existent et beaucoup sont remboursées.
Quatre ressources prioritaires
1. Le médecin traitant
Premier interlocuteur. Bilan global : histoire du comportement alimentaire, poids et son évolution, état général, parfois bilan biologique pour exclure des complications médicales (troubles électrolytiques, atteinte rénale ou hépatique selon les cas). Pour les boulimies : examen dentaire utile (les vomissements provoqués érodent les dents).
Rôle d’orientation : vers psychologue ou psychiatre formé-e aux TCA, vers diététicien-nutritionniste spécialisé-e, parfois vers une unité spécialisée en TCA. Rôle aussi de coordination du parcours et de suivi médical pendant la prise en charge spécialisée. Voir insomnie liée au stress pour le volet sommeil souvent associé.
2. Le psychologue ou psychiatre spécialisé-e TCA
Clé de la prise en charge des TCA. Pas n’importe quel psychologue : il faut chercher une formation spécifique aux TCA. Approches validées : TCC (thérapie cognitivo-comportementale, particulièrement TCC-E spécifique aux TCA), thérapie interpersonnelle, thérapie familiale (pour les adolescents, approche de Maudsley), parfois thérapies basées sur la mentalisation.
Accès remboursé : Mon Soutien Psy (12 séances par an avec un psychologue partenaire, sur courrier du médecin), psychiatre remboursé en secteur 1, parfois centre médico-psychologique (CMP) gratuit avec délais d’attente variables. Pour les TCA installés : FFAB propose un annuaire de professionnels formés sur anorexieboulimie-afdas.fr, parfois réseaux TCA régionaux, parfois unités spécialisées des CHU.
3. Le diététicien-nutritionniste spécialisé-e
Pas n’importe quel diététicien : spécialisé-e en TCA ou en troubles du comportement alimentaire. Rôle : travail sur la ré-éducation alimentaire, restauration d’une alimentation diversifiée et apaisée, parfois alimentation intuitive (concept d’Evelyn Tribole et Elyse Resch), approche anti-régime (HAES, Health At Every Size).
À éviter absolument : les diététiciens qui prescrivent des régimes restrictifs à une personne avec TCA, ou qui pratiquent une approche normée sur le poids avec culpabilisation. Cela aggrave généralement les TCA. Recherche d’un professionnel formé via la FFAB ou l’annuaire des diététiciens TCA. Voir comparaison avec la méditation pour le volet mindful eating.
4. Associations, lignes d’écoute et urgences
Plusieurs associations accompagnent spécifiquement les personnes touchées : FFAB (Fédération Française Anoréxie Boulimie, anorexieboulimie-afdas.fr : annuaire de professionnels, groupes de parole, ressources documentaires), réseaux TCA régionaux, parfois associations locales spécifiques. Pour les aidants (proches, parents) : ressources et groupes dédiés.
Pour les ressources internationales en complément : National Alliance for Eating Disorders (anad.org) qui propose des contenus en anglais à jour. En cas d’urgence vitale (anorexie sévère avec dénutrition, complications boulimie, malaise grave) : SAMU 15 sans hésiter. Pour les idées suicidaires associées au TCA (fréquentes) : 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24h/24, gratuit, anonyme, professionnels formés). Pour les mineurs en danger : 119 (Enfance en danger).
Pour une alimentation émotionnelle bénigne (sans signes de TCA installé), des outils moins spécialisés suffisent souvent : travail sur la gestion du stress par approches validées (MBSR, TCC, cohérence cardiaque), mindful eating (manger en pleine conscience, sans jugement), parfois lectures d’auteurs sérieux sur le sujet. Pour les TCA installés : la prise en charge spécialisée n’est pas optionnelle. Voir cohérence cardiaque et cadre stress et tensions.
Ce qu’un appoint corporel
peut et ne peut pas
Pour le stress alimentaire et les TCA, le cadrage est particulièrement strict. La place d’un appoint corporel est très mesurée, et nulle pour les TCA installés.
Ce que ça ne peut pas
- Traiter l’hyperphagie boulimique, la boulimie, l’anorexie mentale
- Remplacer un suivi psychologique spécialisé en TCA
- Faire perdre du poids (ce n’est pas l’objet ni l’effet)
- Donner des conseils nutritionnels ou diététiques
- Diagnostiquer un trouble alimentaire
- Identifier des « causes émotionnelles cachées » du TCA (concept non validé)
- Justifier l’arrêt d’un suivi spécialisé en TCA
- Promettre la résolution d’une compulsion alimentaire installée
- Une approche dont l’efficacité spécifique dans les TCA est validée
- Réparer les complications médicales d’un TCA
Ce que ça peut très modestement
- Pour une alimentation émotionnelle bénigne : soutenir le travail sur le stress
- Offrir un moment de pause dans une vie surchargée
- Transmettre la cohérence cardiaque comme outil simple
- Aider à repérer les signaux de tension et de faim émotionnelle
- Soutenir l’engagement vers les ressources validées si TCA suspecté
- Une franchise honnête sur les limites de l’approche
- Une approche qui respecte le cadre médical et y réoriente activement
- Une pratique limitée dans le temps : 3 à 5 séances
- Une franchise totale : pas de conseil diététique, pas de promesse de poids
- Une orientation vers les professionnels formés aux TCA si signes évocateurs
Soyons clairs : pour les TCA installés, la réponse n’est pas dans un cabinet de kinésiologie. C’est dans le médecin traitant, le psychologue ou psychiatre formé-e aux TCA, le diététicien spécialisé-e, parfois une unité spécialisée. Pour une alimentation émotionnelle bénigne, un travail sur la gestion du stress par approches validées (MBSR, TCC, cohérence cardiaque) et éventuellement de la mindful eating font beaucoup plus qu’une série de séances en cabinet. Cette franchise protège votre temps, votre budget et votre santé. Voir place face au suivi médical.
Signaux qui imposent
un avis spécialisé sans tarder
Signaux qui imposent un avis rapide :
Certains signaux liés au comportement alimentaire imposent une consultation rapide, parfois en urgence :
- Perte de poids importante et rapide, non volontaire ou volontaire avec restriction marquée
- Vomissements provoqués répétés, prise de laxatifs ou diurétiques pour contrôler le poids
- Crises de boulimie répétées avec sensation de perte de contrôle
- Obsession du poids, des calories, des aliments, de l’image corporelle
- Distorsion de l’image corporelle (se voir gros-se en étant maigre)
- Aménorrhée (arrêt des règles) en l’absence d’autre explication médicale
- Malaises, vertiges, troubles cardiaques, palpitations, sensations de fréquence cardiaque très basse
- Retrait social lié à l’alimentation, évitement des repas avec d’autres personnes
- Souffrance intense liée à l’alimentation, culpabilité envahissante après avoir mangé
- Idées suicidaires ou auto-agressivité associées : 3114, médecin rapidement
Spécifique aux TCA à haut risque. L’anorexie mentale a la mortalité la plus élevée parmi les troubles psychiatriques (par dénutrition sévère ou par suicide). La boulimie sévère peut entraîner des troubles électrolytiques graves (hypokaliémie potentiellement mortelle). Ne pas tarder : médecin traitant en premier, puis orientation spécialisée. Si l’entourage repère ces signaux et que la personne refuse de consulter, surtout pour un adolescent ou jeune adulte : FFAB (anorexieboulimie-afdas.fr) propose des ressources pour les aidants, parfois groupes de parole pour les familles.
Interlocuteurs légitimes : médecin traitant en premier, psychologue ou psychiatre formé-e aux TCA, diététicien-nutritionniste spécialisé-e en TCA, parfois unités spécialisées des CHU, parfois médecin du sport pour les TCA associés à un sport intensif, parfois gynécologue pour les complications hormonales. Aucune approche complémentaire ne remplace ces interlocuteurs face à ces signaux.
Dérives spécifiques aux TCA à surveiller : régimes restrictifs miraculeux proposés à des personnes avec TCA (aggravation générale), identification de « causes émotionnelles cachées » expliquant le TCA, kinésiologie ou approches énergétiques présentées comme thérapies des TCA, jeûne thérapeutique recommandé à une personne avec TCA (extrêmement dangereux), « détox » ou exclusions alimentaires diverses sans indication médicale, pratiques sectaires qui prospèrent souvent autour de l’alimentation. La Miviludes alerte régulièrement sur ces dérives. En cas de doute : miviludes.interieur.gouv.fr.
Cabinet à Nice
en présentiel uniquement
Le cabinet se situe au 12 boulevard Joseph Garnier, quartier Libération à Nice. Adultes reçus à Nice et dans les communes des Alpes-Maritimes : Cagnes-sur-Mer, Saint-Laurent-du-Var, La Trinité, Villefranche, Beaulieu, Cap-d’Ail, Antibes.
Pour les questions de stress alimentaire, le premier échange téléphonique sert d’abord à vérifier que c’est le bon choix. Souvent, la réponse honnête est : aucun appoint corporel ne traite un TCA. Les ressources spécialisées (médecin traitant, psychologue ou psychiatre formé-e aux TCA, diététicien spécialisé, FFAB) sont ce qui fait la différence. Pour une alimentation émotionnelle bénigne, un travail global sur le stress par approches validées peut suffire.
Premier échange téléphonique : 06 11 77 46 35. Ressources locales utiles : unités spécialisées du CHU de Nice (psychiatrie, médecine de l’adolescent), psychologues formé-es aux TCA en libéral via l’annuaire FFAB, diététiciens spécialisé-es en TCA, psychiatres en secteur 1.
Adresse
12 boulevard Joseph Garnier
06000 Nice
Quartier Libération
Tramway ligne 1
Téléphone
06 11 77 46 35
Échange préalable
avant un premier rendez-vous
Tarifs · horaires
Adulte : 70 € (1h-1h15)
Mardi à samedi
Sur rendez-vous
Modalité
Présentiel uniquement
Pas de visio, pas de téléphone
Chèque ou espèces
Pages complémentaires
selon la situation
Cadre stress
et tensions
Facteur d’entretien majeur de l’alimentation émotionnelle.
Voir stress RespirationCohérence
cardiaque
Outil simple gratuit pour réguler la tension émotionnelle.
Voir cohérence cardiaque MéditationComparaison
méditation
MBSR et mindful eating, approches validées.
Voir méditation ÉmotionsFatigue
émotionnelle
Souvent associée à l’alimentation émotionnelle.
Voir fatigue émotionnelle Charge mentaleCharge
mentale
Facteur de stress chronique qui pousse parfois au grignotage.
Voir charge mentale LimitesPlace face
au suivi médical
Comment situer un appoint corporel par rapport à la médecine.
Voir limitesCe qu’on nous demande
le plus souvent
La kinésiologie peut-elle traiter mes compulsions alimentaires ?
Non. Les compulsions alimentaires répétées entrent dans le cadre des troubles du comportement alimentaire et relèvent d’une prise en charge spécialisée : médecin traitant, psychologue ou psychiatre formé-e aux TCA (TCC spécifique aux TCA notamment), diététicien spécialisé. Aucune approche complémentaire ne traite les TCA. Un cabinet de kinésiologie qui se positionnerait en « thérapie des compulsions alimentaires » est dans une position dérivante : cela peut retarder la prise en charge spécialisée et aggraver la situation. Ressource clé : FFAB (anorexieboulimie-afdas.fr) pour trouver un professionnel formé. Pour une alimentation émotionnelle bénigne (sans crises répétées ni souffrance installée), un travail global sur le stress par approches validées (MBSR, TCC, cohérence cardiaque) peut suffire.
Comment savoir si j’ai un trouble alimentaire ?
Le diagnostic appartient au médecin et au psychologue ou psychiatre formé-e. Quelques repères généraux indicatifs (pas un auto-diagnostic) : fréquence (au moins une fois par semaine pendant 3 mois pour la plupart des TCA), perte de contrôle ressentie lors des prises alimentaires, souffrance significative, obsession du poids ou des aliments, retentissement sur la vie sociale, professionnelle, familiale, comportements compensatoires (vomissements provoqués, laxatifs, jeûne, sport excessif). Le bon test honnête : est-ce que ma relation à la nourriture me fait souffrir, et est-ce que je m’y sens piégé-e ? Si oui : consultation médicale pour évaluation. Premiers interlocuteurs : médecin traitant, psychologue ou psychiatre formé-e, ressources via la FFAB.
Le stress me pousse vraiment à manger ?
Souvent oui, c’est documenté. Le stress chronique active plusieurs mécanismes qui peuvent favoriser le grignotage et l’alimentation émotionnelle : élévation du cortisol (associé à une appétence accrue pour les aliments gras et sucrés), perturbation des signaux de faim/satiété, recherche de gratification immédiate par la nourriture (effets sur les circuits dopaminergiques de la récompense), parfois manque de sommeil associé (lui-même documenté pour augmenter la faim via la ghréline et réduire la satiété via la leptine). Réduire le stress chronique par approches validées (MBSR, TCC, cohérence cardiaque, activité physique, amélioration du sommeil) aide souvent à réguler ces comportements. Attention : c’est un facteur parmi d’autres pour l’alimentation émotionnelle bénigne, ce n’est pas la cause unique d’un TCA installé. Voir cadre stress et tensions et sommeil profond.
Vous proposez des conseils nutritionnels en séance ?
Non. Aucun conseil nutritionnel ou diététique n’est donné au cabinet. Cela ne fait pas partie du champ d’une approche corporelle, et donner des conseils nutritionnels sans formation spécifique serait une pratique dérivante. Pour les questions diététiques, les bons interlocuteurs sont : diététicien-nutritionniste (titre protégé, formation universitaire : BTS Diététique ou DUT Génie Biologique option Diététique en France), médecin nutritionniste (médecin avec spécialisation), éventuellement endocrinologue selon le profil. Pour les TCA spécifiquement : diététicien spécialisé aux TCA via la FFAB. À éviter : les naturopathes, coachs minceur, « experts nutrition » autoproclamés sans formation reconnue. Le titre protégé en France pour la nutrition est diététicien-nutritionniste ou médecin nutritionniste.
Vous pouvez m’aider à perdre du poids ?
Non. Le cabinet ne propose pas d’accompagnement à la perte de poids. Aucune promesse, aucun protocole, aucune approche orientée poids n’est pratiquée. Plusieurs raisons : la perte de poids n’est pas le sujet d’une approche corporelle, les régimes restrictifs sont reconnus pour leur inefficacité à long terme (la majorité des personnes reprennent le poids perdu en 1-5 ans, souvent davantage), les approches centrées sur le poids peuvent aggraver les TCA ou en déclencher pour des personnes vulnérables. Si la question du poids vous préoccupe vraiment : médecin traitant (bilan général), parfois endocrinologue, parfois diététicien spécialisé dans une approche non-restrictive type Health At Every Size. Approches validées prioritaires pour la santé métabolique : activité physique régulière, alimentation diversifiée non restrictive, sommeil suffisant, gestion du stress chronique.
Et les enfants ou adolescents avec un comportement alimentaire qui inquiète ?
Pour les enfants et adolescents, la prise en charge est encore plus spécialisée. Premier interlocuteur : pédiatre ou médecin traitant, qui orientera selon le tableau. Approche reconnue pour l’anorexie de l’adolescent : thérapie familiale de Maudsley (Family-Based Treatment, FBT), avec les meilleurs résultats documentés à ce jour pour cette tranche d’âge. Importance d’une prise en charge précoce : les TCA installés tendent à se chroniciser, et la prise en charge précoce améliore considérablement le pronostic. Ressources : FFAB (annuaire et ressources spécifiques aux familles), unités de médecine de l’adolescent (CHU), centres médico-psychologiques. 119 : Enfance en danger si situation préoccupante à signaler. Aucune approche complémentaire n’a sa place pour les TCA pour les mineurs.
La mindful eating, qu’est-ce que c’est ?
La mindful eating (manger en pleine conscience) est une approche dérivée de la méditation de pleine conscience appliquée à l’alimentation. Principes : manger lentement, en prêtant attention aux sensations gustatives, olfactives, à la texture, à la température ; repérer les signaux de faim et de satiété avant, pendant et après le repas ; repérer la faim émotionnelle (envie de manger sans faim physique réelle, en réponse à une émotion) et la différencier de la faim physique ; manger sans jugement ni culpabilité (ce qui éteint paradoxalement les compulsions). Niveau de preuve : encourageant pour l’alimentation émotionnelle et certains TCA non installés, plus modeste pour les TCA installés sévères (qui demandent une prise en charge spécialisée). Apprentissage : programmes MB-EAT (Mindfulness-Based Eating Awareness Training), parfois en groupe, ouvrages sérieux, parfois ateliers animés par des diététiciens formés.
Peut-on consulter à Nice ou en ligne ?
Les séances se font uniquement au cabinet, 12 boulevard Joseph Garnier à Nice. Pas de visio, pas de téléphone, pas d’en ligne. L’observation directe et le test musculaire ne se prennent pas correctement à distance. Le présentiel est impératif. Pour les questions de stress alimentaire : les bons interlocuteurs sont votre médecin traitant et les professionnels formés aux TCA via la FFAB, pas un cabinet d’approche complémentaire.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Si la kinésiologie est complémentaire d’un travail global sur le stress pour une alimentation émotionnelle bénigne : généralement 3 à 5 séances espacées de 4 à 6 semaines. Si rien ne bouge après 3 séances, on s’arrête. Pas d’engagement long, pas de forfait. Pour un TCA installé : aucune séance, parce que ce n’est pas le bon cadre, et l’orientation se fait vers les ressources spécialisées (médecin, psychologue ou psychiatre formé-e aux TCA, diététicien spécialisé, FFAB). Cette franchise protège votre temps, votre budget, et surtout votre santé en vous orientant vers ce qui peut réellement aider.
J’ai peur d’en parler à mon médecin, c’est normal ?
Oui, c’est fréquent et compréhensible. La honte, la peur du jugement, la difficulté à mettre des mots sur ce qui se vit avec la nourriture sont des obstacles très courants à la prise en charge des TCA. Quelques pistes : les médecins traitants sont formés à ces situations et tenus au secret professionnel ; on peut préparer la consultation en notant ce qu’on souhaite dire, parfois en l’écrivant si parler est trop difficile ; on peut commencer par appeler la ligne d’écoute proposée par certaines associations selon les périodes (vérifier sur le site FFAB pour les coordonnées à jour) ; on peut demander à un proche de vous accompagner ; on peut changer de médecin si la relation n’est pas confortable. Ne pas rester seul-e avec cette souffrance. 3114 en cas d’idées noires associées. Aucune approche complémentaire ne répond à cette difficulté : c’est dans le lien avec un professionnel formé que le travail se fait, même s’il faut du temps.
Pour un échange
sur votre situation précise
Cabinet · 12 bd Joseph Garnier, 06000 Nice · présentiel uniquement · adulte 70 € · 06 11 77 46 35