06 11 77 46 35 12 bd Joseph Garnier · Nice
Kinésiologue certifiée · Brain Gym
D’abord, une clarification médicale

La dyspraxie est un trouble
neurodéveloppemental reconnu

Soyons clairs d’emblée. La dyspraxie (appelée plus précisément Trouble Développemental de la Coordination ou TDC dans les classifications internationales actuelles : Developmental Coordination Disorder, DCD) est un trouble spécifique des apprentissages moteurs qui touche la planification et l’exécution des gestes volontaires. Elle figure parmi les troubles neurodéveloppementaux reconnus dans les classifications médicales internationales : DSM-5 (sous « Developmental Coordination Disorder ») et CIM-11 (sous les troubles développementaux moteurs). Elle fait partie des « troubles dys », à côté de la dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie. Prévalence : environ 5 à 6 % des enfants en âge scolaire selon les études, plus fréquente pour les garçons (sex-ratio environ 3 pour 1).

Ce n’est PAS : de la maladresse banale ou un manque d’entraînement (un enfant maladroit qui progresse avec la pratique n’a pas une dyspraxie : la dyspraxie est persistante et résiste à la simple répétition), un retard moteur global (la dyspraxie peut coexister avec un développement intellectuel normal ou supérieur), le signe d’une intelligence faible (la dyspraxie est par définition en décalage avec l’intelligence générale), un trouble « émotionnel » ou « psychologique » (même si une anxiété secondaire est fréquente face aux performances motrices dévalorisées), une conséquence de la « paresse », un trouble qu’on « débloque » par quelques séances d’exercices « cerveau ». Ce que c’est : un trouble aux mécanismes neuro-cognitifs spécifiques documentés, principalement une atteinte de la planification motrice (l’enfant ne parvient pas à programmer et à coordonner séquentiellement les mouvements nécessaires à un geste volontaire), parfois associée à des particularités visuo-spatiales (orientation dans l’espace, traitement visuel des positions et relations spatiales : c’est la dyspraxie visuo-spatiale, sous-type fréquent), parfois à des particularités de l’intégration sensorimotrice.

La dyspraxie (TDC) est un trouble neurodéveloppemental reconnu, pas de la maladresse banale. La prise en charge relève principalement de l’ergothérapie (sur la fonction et l’adaptation) et de la psychomotricité (sur la coordination, le schéma corporel), sur prescription médicale. Aucune kinésiologie ne « traite » la dyspraxie : méfiance face à toute promesse en ce sens.

Particularité importante par rapport aux autres troubles dys : la prise en charge de la dyspraxie repose principalement sur l’ergothérapie (profession para-médicale réglementée en France, diplôme d’État : travaille sur l’autonomie dans les activités du quotidien, le geste fonctionnel, l’adaptation des outils et environnement, l’ordinateur comme support compensatoire) et la psychomotricité (profession para-médicale réglementée : travaille sur la coordination, le schéma corporel, la latéralité, l’orientation spatiale). Selon les profils et les troubles associés, l’orthophonie peut compléter (dyspraxie verbale, troubles dys associés, parfois dyscalculie spatiale). Composante génétique : la dyspraxie a une héritabilité documentée. Bases cérébrales : la recherche en neurosciences a identifié le rôle de plusieurs régions impliquées dans la planification motrice et l’intégration sensorimotrice (cervelet, cortex pariétal, parfois réseaux fronto-pariétaux). Souvent associée à d’autres troubles neurodéveloppementaux (TDAH très fréquent, dys-, parfois TSA). Position non négociable du cabinet : aucune approche complémentaire (kinésiologie, Brain Gym, RMTi réflexes archaïques, autres) ne traite ni ne rééduque une dyspraxie.

Cette page propose un cadre en cinq temps. D’abord, ce qu’est vraiment la dyspraxie (mécanismes, sous-types, comorbidités). Ensuite, le parcours diagnostique et rééducatif (avec la place spécifique de l’ergo et de la psychomotricité). Les aménagements scolaires qui changent la donne (ordinateur surtout). Une distinction claire sur la position du cabinet. Et enfin, les dérives commerciales autour de la dyspraxie.

Cadre médical et para-médical incontournable

Pour une suspicion de dyspraxie : pédiatre ou médecin traitant en premier (examen, examens sensoriels systématiques vision et audition, recherche d’une cause neurologique, prescription des bilans), ergothérapeute (profession para-médicale réglementée : bilan diagnostique fonctionnel et rééducation validée centrée sur l’autonomie, l’écriture, l’adaptation, l’ordinateur), psychomotricien (profession para-médicale réglementée : bilan psychomoteur et rééducation sur la coordination, le schéma corporel, la latéralité), parfois orthophoniste (si dyspraxie verbale ou troubles dys associés), parfois neuropsychologue (bilan cognitif), parfois orthoptiste (si trouble visuel ou difficultés oculomotrices), parfois médecin de médecine physique et réadaptation ou pédopsychiatre, centre référent des troubles du langage et des apprentissages pour les cas complexes, équipe scolaire. Aménagements : PAP, PPS, ordinateur (souvent essentiel), AESH parfois. Associations : Fédération Française des Dys, DFD (Dyspraxique mais Fantastique). Protection : 119, 3018, 3114.

Cette page développe

  • Dyspraxie / TDC : trouble reconnu
  • Planification motrice, visuo-spatial
  • Sous-types et comorbidités
  • Place ergo et psychomotricité
  • Aménagements scolaires (ordinateur)
  • Dérives autour de la dyspraxie

Séance au cabinet

Adulte 70 € (1h-1h15). Présentiel uniquement. Cabinet réservé aux adultes : aucune séance pour mineurs. La kinésiologie ne traite pas la dyspraxie. Pour les parents, un accompagnement complémentaire du vécu peut s’envisager.

Aucun diagnostic, aucune rééducation, aucune Brain Gym, aucun RMTi, aucun test musculaire, aucun « déblocage » promis, aucune substitution à l’ergo / psychomotricité. Choix éthique non négociable.
Premier temps · comprendre la dyspraxie

Comprendre la dyspraxie
mécanismes et sous-types

Quelques repères honnêtes. Ce trouble est reconnu, documenté, et répond à des prises en charge spécifiques : les connaître aide à orienter correctement.

1

Ce qu’est la dyspraxie

Un trouble spécifique reconnu. La dyspraxie (TDC) est un trouble du geste volontaire qui se manifeste par des difficultés persistantes et marquées à planifier et à exécuter les gestes, bien au-delà de ce qu’on attendrait pour l’âge. Manifestations typiques selon les domaines : motricité fine : difficultés pour boutonner, lacets, ouvrir des emballages, découper avec ciseaux, utiliser une règle, manipuler de petits objets ; écriture : dysgraphie très fréquente (écriture laborieuse, lente, irrégulière, parfois illisible, douloureuse : l’enfant peut très mal écrire malgré les efforts : c’est l’un des signaux les plus visibles) ; motricité globale : maladresse en sport, chutes fréquentes, difficultés à faire du vélo, attraper un ballon, sauter à la corde, parfois sentiment d’être « l’avant-dernier choisi en sport » ; autonomie quotidienne : difficultés à s’habiller, à manger proprement (couverts), à faire son lit, parfois lenteur extrême pour ces gestes ; géométrie et lecture de plans / cartes : souvent très difficiles, surtout dans la dyspraxie visuo-spatiale ; lecture spatiale : parfois difficulté à suivre les lignes d’un texte sans « sauter ».

Important : tout enfant maladroit n’a pas une dyspraxie. Beaucoup d’enfants traversent des périodes de maladresse, certains rythmes développementaux sont plus lents : cela ne fait pas un trouble. Le diagnostic repose sur des critères précis évalués par bilan : caractère persistant (au moins 6 mois), décalage mesuré (souvent au-delà de 2 écart-types sous la norme aux tests moteurs), retentissement significatif sur la scolarité, l’autonomie ou les loisirs, exclusion d’autres causes (paralysie cérébrale, atteinte neurologique ciblée, trouble musculaire, trouble visuel non corrigé, déficience intellectuelle globale : ces causes appellent une prise en charge différente). Règle : l’avis revient au médecin et à l’ergothérapeute / psychomotricien, pas à une approche complémentaire. Voir dysorthographie.

Geste laborieux persistant · diagnostic médical et ergo
2

Mécanismes neuro-cognitifs documentés

Bases neurologiques réelles. La dyspraxie repose sur des mécanismes neuro-cognitifs spécifiques étudiés par la recherche. Hypothèse centrale de la planification motrice : la majorité des dyspraxies repose sur une atteinte de la planification et de la programmation des gestes volontaires : l’enfant a des informations sensorielles intactes, des muscles intacts, mais le plan moteur entre ces deux (séquencer les mouvements, ajuster la force, anticiper la position, intégrer le feedback) est spécifiquement perturbé. Différentes hypothèses complémentaires se conjuguent : modèles internes moteurs perturbés, intégration sensorimotrice atteinte, parfois contrôle visuel du geste, parfois mémoire de travail motrice.

Bases cérébrales : la recherche a identifié le rôle de plusieurs régions et réseaux : cervelet (repérage et coordination des mouvements), cortex pariétal (intégration sensorimotrice, traitement visuo-spatial), réseaux fronto-pariétaux, noyaux gris centraux dans certains profils : imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle) montre des particularités d’activation pour les enfants TDC. Composante génétique : héritabilité documentée (parents présentent souvent des particularités motrices). Plasticité : comme pour les autres troubles dys, la plasticité cérébrale permet des améliorations marquées par rééducation, mais le trouble persiste à vie sous une forme atténuée pour la plupart des personnes. Conséquence essentielle : la dyspraxie n’est pas « dans la tête » au sens d’un blocage émotionnel ou d’un manque de pratique : c’est un mode de fonctionnement neuro-moteur spécifique qui appelle des rééducations spécifiques (ergothérapie, psychomotricité) et des stratégies compensatoires (ordinateur, aides techniques). Règle : comprendre les mécanismes évite les explications fantaisistes (neuro-mythes, « réflexes archaïques non intégrés », « causes émotionnelles ») que vendent certains cabinets. Voir corps et croyances.

Planification motrice · intégration sensorimotrice · bases réelles
3

Sous-types et formes cliniques

Plusieurs profils à connaître. La dyspraxie peut prendre des formes différentes selon les fonctions atteintes. Dyspraxie idéomotrice : difficulté à exécuter sur ordre un geste simple (mimer un geste, geste sans objet) : forme relativement rare. Dyspraxie idéatoire : difficulté à utiliser un objet selon sa fonction (savoir à quoi sert un objet mais ne pas savoir comment l’utiliser) : rare aussi. Dyspraxie constructive : difficulté pour les tâches qui demandent d’assembler, construire, organiser dans l’espace (puzzles, dessins, géométrie, copie de figures, construction avec cubes). Dyspraxie visuo-spatiale : combine difficultés du geste et particularités du traitement visuo-spatial (orientation dans l’espace, organisation spatiale d’une page, lecture spatiale) : forme très fréquente, particulièrement gênante en mathématiques (pose des opérations, géométrie) et en écriture.

Dyspraxie de l’habillage : particulièrement gênante au quotidien (boutons, fermetures, lacets, parfois sens des vêtements). Dysgraphie : trouble de l’écriture (peut être isolée ou inscrite dans une dyspraxie plus large) : signe d’appel très fréquent qui amène la famille à consulter. Dyspraxie verbale (ou dyspraxie de la parole, ou apraxie de la parole de l’enfant) : forme particulière qui touche la planification motrice des sons de la parole : dans ce cas, l’orthophoniste est l’interlocuteur principal. Dyspraxie buccofaciale : difficultés pour les gestes du visage et de la bouche (souffler, tirer la langue sur ordre) : parfois associée à des troubles alimentaires (mastication, succion antérieurement). Règle : un bilan ergothérapique et psychomoteur structuré précise le sous-type et oriente la prise en charge spécifique. Voir dyslexie.

Sous-types variés · visuo-spatial fréquent · dysgraphie
4

Comorbidités très fréquentes

Rarement isolée. La dyspraxie est très souvent associée à d’autres troubles neurodéveloppementaux. Première comorbidité, la plus fréquente : le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) : l’association dyspraxie-TDAH est très documentée (environ 50 % des enfants TDC présenteraient aussi un TDAH selon certaines études) : le TDAH peut aggraver les difficultés motrices (attention soutenue nécessaire pour les gestes complexes) et l’impulsivité conduit parfois à ne pas anticiper le geste, ce qui aggrave la maladresse : il est important de repérer cette comorbidité pour la traiter aussi (parfois avec traitement médical du TDAH sur prescription).

Deuxième comorbidité : les autres troubles dys (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie : 30-50 % des dyspraxies coexistent avec un autre trouble dys) : les troubles peuvent partager des mécanismes neuro-cognitifs (mémoire de travail, fonctions exécutives), et la dyspraxie visuo-spatiale aggrave souvent les difficultés en maths. Troisième comorbidité : parfois TSA (trouble du spectre autistique) qui peut s’accompagner de particularités motrices, parfois troubles du langage (dysphasie). Comorbidités émotionnelles fréquentes (conséquences plus que causes) : anxiété scolaire et de performance, perte importante de confiance en soi (l’enfant dyspraxique se vit souvent comme « différent », « mauvais en tout ce qui demande des gestes », parfois « nul-le »), parfois tristesse, refus scolaire partiel (notamment refus du sport), parfois isolement social, parfois harcèlement (les enfants dyspraxiques sont parfois moqués pour leur maladresse, leur écriture, leurs difficultés en sport) : importantes à repérer. Règle : face à une suspicion de dyspraxie, un bilan global (médical, ergo, psychomoteur, parfois orthophonique, parfois neuropsy avec recherche TDAH) est utile. Voir troubles de l’attention enfant.

TDAH très fréquent · autres dys · retentissement émotionnel

Les repères le montrent : la dyspraxie (TDC) est un trouble neurodéveloppemental reconnu aux mécanismes neuro-cognitifs spécifiques (planification motrice, intégration sensorimotrice, parfois visuo-spatial), avec une composante génétique et des bases cérébrales documentées. Prévalence : 5-6 % des enfants. Très souvent associée au TDAH et à d’autres troubles dys. Sous-types variés (visuo-spatial particulièrement fréquent). Le diagnostic et la prise en charge relèvent principalement de l’ergothérapie et de la psychomotricité (parfois orthophonie selon les profils), sur prescription médicale.

Deuxième temps · parcours et rééducation

Bilan diagnostique
et rééducations validées

Quatre piliers : ce qui constitue la prise en charge validée. Aucun « déblocage miracle » ne s’y substitue.

Quatre piliers pour la dyspraxie

1. Diagnostic médical et bilans pluridisciplinaires

Pilier essentiel et premier. Face à des difficultés motrices persistantes qui retentissent sur la scolarité ou le quotidien, la démarche est médicale et para-médicale. Pédiatre ou médecin traitant en premier : examen clinique complet (recherche d’une cause neurologique spécifique à écarter : paralysie cérébrale, atteinte musculaire, atteinte du tonus, atteinte sensorielle), examens sensoriels systématiques (vision avec ophtalmologue, audition avec ORL), recherche de comorbidités (TDAH notamment), prescription des bilans para-médicaux. Bilan ergothérapique : l’ergothérapeute (profession para-médicale réglementée, diplôme d’État) réalise un bilan fonctionnel : évaluation des activités du quotidien (habillage, repas, hygiène), évaluation de l’écriture (qualité, vitesse, ténue de l’outil, posture, fatigabilité), évaluation de la motricité fine, évaluation des compétences visuo-spatiales et constructives (copie de figures, puzzles), évaluation des compétences scolaires impactées. Bilan psychomoteur : le psychomotricien (profession para-médicale réglementée, diplôme d’État) réalise un bilan structuré sur la coordination globale et fine, le schéma corporel, la latéralité, l’orientation spatiale et temporelle, parfois le tonus et l’équilibre.

Compléments selon les motifs : bilan psychométrique par psychologue (souvent WISC : évalue le profil cognitif global, exclut une cause intellectuelle, identifie un profil hétérogène typique de la dyspraxie visuo-spatiale : souvent indice verbal mieux que indice visuo-perceptif), bilan neuropsychologique (fonctions exécutives, attention, mémoire de travail : très utile en cas de suspicion de TDAH associé), bilan orthophonique (si dyspraxie verbale, troubles dys associés, parfois dyscalculie), bilan orthoptique (oculomotricité, vision binoculaire, parfois utile car les particularités oculomotrices sont fréquentes en dyspraxie visuo-spatiale et appellent une rééducation orthoptique). Diagnostic médical de TDC : médecin de médecine physique et réadaptation, pédopsychiatre, neuropediatre, ou centre référent selon les cas. Délais : variables, souvent longs : anticiper. Règle absolue : aucun « test musculaire », aucune Brain Gym, aucune approche complémentaire ne diagnostique une dyspraxie ni ne se substitue aux bilans. Voir kinésiologie pour les enfants.

2. Rééducations validées : ergo et psychomotricité

Pilier thérapeutique central. La prise en charge validée de la dyspraxie repose principalement sur deux rééducations complémentaires, remboursées par l’Assurance maladie sur prescription. Ergothérapie : profession para-médicale centrée sur l’autonomie dans les activités du quotidien et la fonction. Travail réalisé : rééducation du geste fonctionnel (habillage, repas, hygiène : gestes du quotidien), rééducation de l’écriture (posture, ténue de l’outil, formation des lettres, fluidité), stratégies compensatoires et aides techniques (souvent l’ordinateur est un point clé : apprentissage du clavier, des logiciels adaptés), aménagement de l’environnement scolaire et familial, parfois orthèses pour faciliter certains gestes. Approche dite « top-down » (centrée sur l’objectif à atteindre en termes d’autonomie) reconnue comme la plus efficace selon les revues actuelles, parfois en combinaison avec d’autres approches.

Psychomotricité : profession para-médicale centrée sur la coordination, le schéma corporel, la latéralité, l’orientation spatiale et temporelle. Travail réalisé : rééducation de la motricité globale et fine, travail sur le schéma corporel et la latéralité, travail sur l’orientation dans l’espace, parfois sur la régulation tonique, parfois sur la coordination oculomotrice. Complémentarité : ergo et psychomotricité se complètent (la psychomotricité sur les bases, l’ergo sur la fonction et la compensation) : les deux peuvent être prescrites en parallèle selon les profils, parfois successivement. Compléments éventuels selon les profils : orthophonie (dyspraxie verbale, troubles dys associés, parfois dyscalculie spatiale), orthoptie (rééducation oculomotrice si particularités documentées : pas tous les cas), kinésithérapie dans certains profils. Modalités : séances généralement hebdomadaires, sur la durée (plusieurs mois à plusieurs années). Rôle des parents : respect du calendrier, soutien, parfois exercices à la maison sur recommandation, dialogue avec les professionnels. Règle : la prise en charge ergo + psychomotricité marche, dans la durée : aucune approche complémentaire ne la remplace ni ne l’accélère.

3. Aménagements scolaires : l’ordinateur, point clé

Levier décisif. Les aménagements scolaires pour les enfants dyspraxiques sont des droits qui changent réellement la donne, et le passage à l’ordinateur en classe est souvent le levier le plus important. Pourquoi l’ordinateur est clé : pour un enfant dyspraxique, l’écriture manuelle mobilise une charge cognitive énorme (chaque lettre demande un effort de planification motrice) : il n’en reste plus pour réfléchir au contenu, pour orthographier, pour résonner. Passer à l’ordinateur (après apprentissage du clavier, souvent en séances ergo) libère cette charge cognitive et permet à l’enfant de montrer ses compétences réelles, qui sont souvent bien supérieures à ce que son écriture manuelle laisse penser. Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) : mis en place par l’établissement scolaire sur la base d’un avis médical : aménagements en classe (ordinateur autorisé, parfois logiciel de prédiction de mots, dictée vocale, supports adaptés, polycopies pour éviter la prise de notes, parfois dispense d’écriture cursive, temps supplémentaire, parfois consignes adaptées).

Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) : via la MDPH pour les troubles plus marqués reconnus comme handicap : peut ouvrir à des aides plus importantes AESH (Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap, qui peut aider à l’écriture sous dictée, à certains gestes, à l’organisation), matériel adapté financé (ordinateur, logiciels), parfois autres. Aménagements aux examens (brevet, bac, autres) : demande formulée via le médecin désigné par la CDAPH : tiers-temps, secrétaire qui écrit sous dictée (pour les cas sévères), ordinateur avec logiciels adaptés, salle adaptée, parfois adaptation des sujets (géométrie notamment qui pose souvent problème en dyspraxie visuo-spatiale : voir préparation aux examens). Aides techniques du quotidien : ordinateur avec dictée vocale, synthèse vocale, prédicteur de mots, logiciels de géométrie dynamique, parfois règles antidérapantes, ciseaux ergonomiques, manchons de stylo, parfois cahiers à lignes colorées ou seyes adaptés, plan incliné pour écrire, scotch sur la feuille pour la stabiliser. Règle : anticiper la mise en place de l’ordinateur : c’est souvent ce qui transforme la scolarité d’un enfant dyspraxique. Voir préparation aux examens.

4. Soutien émotionnel et estime de soi

Dimension humaine essentielle. La dyspraxie a souvent un retentissement émotionnel et social particulièrement marqué parce qu’elle touche des dimensions visibles et valorisées socialement (écriture, sport, autonomie) : humiliation répétée en classe quand l’enseignant ou les pairs critiquent l’écriture, expérience d’être « l’avant-dernier choisi » en sport ou exclu des jeux qui demandent de l’agilité, parfois moqueries sur la maladresse au quotidien, parfois harcèlement (les enfants dyspraxiques sont parfois ciblés), perte importante de confiance en soi, parfois retrait social, parfois refus scolaire partiel (notamment refus du sport, refus de certaines activités motrices), parfois tristesse durable.

Rôle des parents : présence soutenante, valorisation des efforts plus que des résultats moteurs, mise en valeur des autres réussites de l’enfant (souvent un enfant dyspraxique a des forces remarquables ailleurs : langage, raisonnement, culture, créativité, relations : c’est important de le lui rappeler), explication adaptée à l’enfant (l’aider à comprendre que ce n’est pas de sa faute, qu’il n’est pas moins intelligent, que des aides existent), activités adaptées en loisirs (sports moins coordinatifs comme la natation, la course, certains arts martiaux selon les profils, ou activités non sportives valorisantes), pas de pression sur l’écriture à la maison une fois la décision prise de passer à l’ordinateur. Rôle des enseignants : réception bienveillante, évaluation respectant le trouble (ne pas surligner toutes les ratures, valoriser le contenu plutôt que la présentation), attention au harcèlement (3018). Si retentissement émotionnel marqué : psychologue de l’enfant formé (TCC adaptées efficaces sur la confiance en soi et la régulation émotionnelle, parfois via Mon Soutien Psy), parfois pédopsychiatre. Associations : DFD (Dyspraxique mais Fantastique), Fédération Française des Dys : ressources précieuses. Règle : rééducation plus aménagements (ordinateur surtout) plus soutien émotionnel plus activités valorisantes forment la prise en charge globale. Voir confiance en soi de l’enfant.

Ces quatre piliers se complètent : diagnostic médical et bilans pluridisciplinaires (ergo, psychomot, parfois orthophonique, neuropsy, orthoptique selon les motifs), rééducations validées ergothérapie + psychomotricité (complémentaires) dans la durée, aménagements scolaires avec l’ordinateur souvent comme levier décisif (PAP, PPS, AESH, aides techniques), soutien émotionnel et estime de soi maintenue. C’est cette prise en charge globale qui change réellement la trajectoire d’un enfant dyspraxique. Aucune approche complémentaire n’y ajoute de spécifique, et certaines peuvent retarder ces réponses efficaces.

Troisième temps · position du cabinet

Ce qui ne sera pas fait ici
et ce qui peut être possible pour vous, parent

Position particulièrement ferme : la dyspraxie ne se traite pas en kinésiologie, et le cabinet ne reçoit pas de mineurs. La place d’un accompagnement complémentaire concerne seulement vous, parent.

Ce qui ne sera jamais fait ici

  • Aucune séance proposée à un mineur (aucune exception)
  • Aucune rééducation de la dyspraxie (relève de l’ergo + psychomotricité)
  • Aucun diagnostic de dyspraxie (acte médical et para-médical)
  • Aucune Brain Gym ni « activation cérébrale »
  • Aucun protocole « réflexes archaïques » RMTi sur l’enfant
  • Aucun « test musculaire » sur l’enfant ou par procuration
  • Aucun « déblocage » moteur promis
  • Aucune identification d’une « cause émotionnelle » de la dyspraxie
  • Aucun « décodage biologique », mémoires transgénérationnelles
  • Aucune méthode propriétaire « coordination » payante vendue
  • Aucune substitution à l’ergo, à la psychomotricité, aux aménagements

Ce qui peut être possible (côté parent, en complément)

  • Soutenir le vécu d’un parent d’enfant dyspraxique
  • Accompagner le stress parental, la fatigue, le doute
  • Offrir un temps d’écoute sans jugement
  • Transmettre des outils simples (respiration, cohérence cardiaque)
  • Orienter vers les bons interlocuteurs (médecin, ergo, psychomot)
  • Rappeler que la dyspraxie est un trouble reconnu, pas de la maladresse
  • Rappeler que la rééducation ergo + psychomot marche
  • Rappeler l’importance de l’ordinateur et autres aménagements
  • Aider à distinguer approches sérieuses et dérives commerciales
  • Une franchise totale : l’enfant ne se « traite » pas ici
  • Toujours en complément de la prise en charge de l’enfant

Position non négociable : la dyspraxie est un trouble neurodéveloppemental reconnu qui relève principalement de l’ergothérapie (autonomie, fonction, écriture, ordinateur) et de la psychomotricité (coordination, schéma corporel, latéralité), parfois orthophonie selon les profils, sur prescription médicale, avec des aménagements scolaires majeurs (ordinateur en classe surtout) qui changent la donne. Aucune kinésiologie ne « traite » la dyspraxie : la promesse en ce sens est trompeuse. Pour vous, parent, qui êtes adulte et qui pouvez vivre de la fatigue ou de l’inquiétude face au trouble de votre enfant déjà engagé dans un parcours adapté, un accompagnement complémentaire du vécu peut s’envisager au cabinet, en complément, dans un cadre strict.

Drapeaux rouges · alerte et dérives autour de la dyspraxie

Signaux d’alerte
et dérives commerciales à connaître

Signaux d’alerte et dérives commerciales autour de la dyspraxie :

D’abord, les signaux d’alerte qui imposent un avis professionnel rapidement :

  • Maladresse marquée persistante (au moins 6 mois) avec retentissement scolaire ou quotidien
  • Écriture très laborieuse, illisible, lente, douloureuse (dysgraphie)
  • Difficultés d’autonomie persistantes (s’habiller, manger, lacets) au-delà de l’âge attendu
  • Difficultés en sport marquées (attraper, courir, sauter, parfois vélo tardif)
  • Difficultés en géométrie (utiliser règle, équerre, compas)
  • Difficultés spatiales (orientation, lecture de plans, organisation page)
  • Décalage avec l’intelligence générale (l’enfant comprend bien mais ne peut pas montrer)
  • Suspicion de TDAH associé (très fréquent, 50 %)
  • Suspicion d’autres troubles dys associés (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie)
  • Suspicion de troubles sensoriels non corrigés
  • Retentissement émotionnel (perte de confiance, refus du sport, isolement)
  • Signes de harcèlement (enfants dyspraxiques parfois ciblés)
  • Antécédents familiaux de troubles moteurs ou dys

Cas particuliers à repérer : retard moteur global très marqué depuis le bébé (tenue de la tête, station assise, marche tardives au-delà des normes) doit faire rechercher une cause neurologique spécifique (paralysie cérébrale, atteinte musculaire, autres) différente de la dyspraxie et qui appelle une prise en charge spécifique en neuropédiatrie. Urgences : idées noires, scarifications, suspicion de maltraitance : 3114, 119, 3018, médecin. Règle absolue : devant ces signes, le bon réflexe est médecin + bilans ergo / psychomoteur, pas un cabinet d’approche complémentaire ni une « méthode miracle ».

Ensuite, les dérives commerciales autour de la dyspraxie, signalées par les autorités sanitaires et la Miviludes. Signaux qui doivent vous faire fuir une structure : prétention à diagnostiquer une dyspraxie hors cadre médical et para-médical (par test musculaire, « analyse posturale » non médicale, « analyse émotionnelle ») : aucune valeur ; promesses de « déblocage » moteur en quelques séances, de « guérison » de la dyspraxie : trompeur. Méthodes à connaître : Brain Gym (Educational Kinesiology, bases neurologiques réfutées : voir page dédiée) ; kinésiologie avec test musculaire ; réflexes archaïques ou réflexes primitifs (méthodes RMTi, INPP et apparentées, « intégration des réflexes primitifs non intégrés » : la théorie postule que des réflexes du nouveau-né persistant tard chez l’enfant causeraient les troubles moteurs et dys, ce qui est discuté scientifiquement et dont les méthodes de rééducation n’ont pas fait la preuve solide de leur efficacité spécifique au-delà des effets non spécifiques : méfiance, particulièrement quand forfaits coûteux et critique de l’ergo conventionnelle).

Thérapie d’intégration sensorielle d’Ayres : méthode pratiquée par certains ergothérapeutes, plus ancienne, dont l’efficacité spécifique dans le TDC est contestée dans les revues actuelles (les approches dites « top-down » centrées sur la tâche fonctionnelle sont aujourd’hui préférées dans les guidelines) : si un ergothérapeute la propose, il est légitime d’en parler avec lui et d’envisager une approche plus fonctionnelle si peu de progrès. Méthodes « neuro-pedagogiques » propriétaires aux noms attrayants, identification d’une « cause émotionnelle » de la dyspraxie, « décodage biologique » (Hamer et dérivés, cités par la Miviludes), « mémoires transgénérationnelles ». Vente de prestations : forfaits coûteux avec engagement long, formations payantes pour parents « comprendre votre enfant », compléments alimentaires « coordination », « moteur », « spécial dys » : efficacité non documentée ; certains logiciels et programmes coûteux promettant des résultats rapides. Pression sur l’ergothérapie ou psychomotricité : discours qui dévalorise la rééducation conventionnelle, encouragement à réduire ou arrêter : signal d’alerte majeur. Culpabilisation des parents.

Risques spécifiques. D’abord, le retard de prise en charge ergo et psychomotricité : famille qui s’engage dans des méthodes non validées et diffère les bilans et rééducations validés perd un temps précieux : la rééducation marche d’autant mieux qu’elle est commencée tôt, le passage à l’ordinateur transforme la scolarité, les aménagements MDPH ont des délais administratifs. La confusion conceptuelle : parents et enfant peuvent croire que les difficultés « se débloquent » par exercices alors qu’elles relèvent d’un travail fonctionnel structuré et d’outils compensatoires. La charge financière peut être très lourde (forfaits non remboursés alors que l’ergo et la psychomotricité sont remboursées). La charge logistique familiale. La perte de confiance dans la médecine validée. Interlocuteurs légitimes : pédiatre ou médecin traitant, ergothérapeute (titre protégé, profession para-médicale réglementée), psychomotricien (titre protégé, profession para-médicale réglementée), orthophoniste selon les cas, orthoptiste si besoin, kinésithérapeute dans certains profils, psychologue formé (titre protégé), neuropsychologue, médecin de médecine physique et réadaptation, pédopsychiatre, neuropediatre, centres référents des troubles du langage et des apprentissages, médecin scolaire, enseignant référent, RASED, médecin de la CDAPH. Ressources officielles : HAS, sociétés savantes, Fédération Française des Dys, DFD (Dyspraxique mais Fantastique), Association Nationale Française des Ergothérapeutes. Signalement : Miviludes (miviludes.interieur.gouv.fr), ARS. Règle d’or : pour la dyspraxie, l’ergo et la psychomotricité sont la base, pas la kinésiologie ni la Brain Gym ni les méthodes « réflexes archaïques ». Voir corps et croyances.

Présence locale

Cabinet à Nice
en présentiel uniquement

Le cabinet se situe au 12 boulevard Joseph Garnier, quartier Libération à Nice (tramway ligne 1). Le cabinet est réservé aux adultes : aucune séance n’est proposée aux mineurs, et la dyspraxie ne se traite pas en kinésiologie : choix éthique non négociable. Position de fond : la dyspraxie (TDC, Trouble Développemental de la Coordination) est un trouble neurodéveloppemental reconnu (DSM-5, CIM-11), prévalence 5-6 % des enfants, aux mécanismes neuro-cognitifs spécifiques documentés (atteinte de la planification motrice, intégration sensorimotrice, parfois visuo-spatial), avec une composante génétique et des bases cérébrales documentées (cervelet, cortex pariétal, réseaux fronto-pariétaux), très souvent associée au TDAH (environ 50 %) et à d’autres troubles dys. Elle se diagnostique par bilans pluridisciplinaires (ergo, psychomot, parfois orthophonique, neuropsy, orthoptique, médical), et se prend en charge principalement par ergothérapie (autonomie, fonction, écriture, ordinateur) et psychomotricité (coordination, schéma corporel, latéralité) complémentaires, parfois orthophonie selon les profils, avec des aménagements scolaires majeurs dont l’ordinateur est souvent le levier décisif.

Pour votre enfant présentant des difficultés de coordination qui durent, l’orientation est strictement médicale et para-médicale : pédiatre ou médecin traitant en premier (examen, recherche d’une cause neurologique spécifique à écarter, examens sensoriels systématiques, prescription des bilans), ergothérapeute (bilan fonctionnel et rééducation validée : autonomie, écriture, ordinateur, aides techniques), psychomotricien (bilan psychomoteur et rééducation : coordination, schéma corporel, latéralité, orientation spatiale), parfois orthophoniste (si dyspraxie verbale, troubles dys associés), parfois orthoptiste (si oculomotricité particulière), parfois neuropsychologue ou psychologue (bilan cognitif, recherche TDAH associé), parfois pédopsychiatre, neuropediatre, médecin de médecine physique et réadaptation, centre référent des troubles du langage et des apprentissages, équipe scolaire (enseignant référent, médecin scolaire, psychologue de l’Éducation nationale, RASED en primaire), médecin de la CDAPH pour les aménagements aux examens, MDPH pour les PPS et AESH. Associations spécialisées : Fédération Française des Dys, DFD (Dyspraxique mais Fantastique) : ressources précieuses.

Le rôle possible se limite ici à informer honnêtement et à orienter : rappeler que la dyspraxie est un trouble reconnu (pas de la maladresse, pas un manque d’intelligence), rappeler que l’ergothérapie et la psychomotricité fonctionnent dans la durée, rappeler l’importance de l’ordinateur comme levier majeur (apprentissage du clavier, logiciels adaptés, dispense d’écriture cursive quand nécessaire), rappeler les autres aides techniques et aménagements scolaires (AESH, tiers-temps, secrétaire selon les cas), rappeler le retentissement émotionnel particulièrement marqué (touche des dimensions visibles socialement : écriture, sport, autonomie) et l’importance des activités adaptées valorisantes, alerter sur les dérives commerciales (Brain Gym, kinésiologie, RMTi réflexes archaïques, intégration sensorielle d’Ayres parfois discutée dans le TDC, méthodes propriétaires, compléments, forfaits, « causes émotionnelles », « décodage »). Aucun diagnostic, aucune rééducation, aucun test sur l’enfant, aucune méthode propriétaire, aucun produit, aucun conseil éducatif normatif : position non négociable.

Pour un parent qui se sent fatigué-e par les multiples rendez-vous (souvent ergo, psychomot, parfois orthophonie, parfois orthoptiste, parfois médecine : la dyspraxie a souvent l’agenda le plus chargé de tous les troubles dys), le suivi des devoirs souvent éprouvant, parfois la lutte avec l’école pour l’ordinateur et les aménagements, parfois la souffrance scolaire de son enfant déjà engagé dans un parcours adapté, un accompagnement complémentaire de votre vécu pourrait s’envisager en complément, jamais à la place du parcours de l’enfant. Premier échange téléphonique : 06 11 77 46 35. Ressources locales et nationales : médecins traitants, pédiatres, services de pédiatrie et de pédopsychiatrie du CHU de Nice (avec centre référent troubles du langage et des apprentissages), ergothérapeutes libéraux et en SESSAD/CMPP (souvent délais longs : anticiper), psychomotriciens libéraux et en CMP (souvent moins remboursés en libéral selon les profils), orthophonistes selon les comorbidités, neuropsychologues, orthoptistes, kinésithérapeutes parfois, médecine scolaire, RASED, Fédération Française des Dys / DFD, Mon Soutien Psy (12 séances remboursées par an dès 3 ans pour le retentissement émotionnel). Numéros utiles : 3114, 119, 3018. Urgences médicales : 15 / SAMU.

Adresse

12 boulevard Joseph Garnier
06000 Nice
Quartier Libération
Tramway ligne 1

Téléphone

06 11 77 46 35
Échange préalable
avant un premier rendez-vous

Tarifs · horaires

Adulte : 70 € (1h-1h15)
Mardi à samedi
Sur rendez-vous

Modalité

Présentiel uniquement
Adultes uniquement
Chèque ou espèces

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande
le plus souvent

Mon enfant est très maladroit, est-ce une dyspraxie ?

Pas nécessairement, mais cela mérite un avis. Beaucoup d’enfants traversent des périodes de maladresse, et les rythmes moteurs sont variés : cela ne fait pas une dyspraxie. La dyspraxie (TDC, Trouble Développemental de la Coordination) est un trouble neurodéveloppemental reconnu (DSM-5, CIM-11) caractérisé par des difficultés persistantes et marquées de coordination motrice, en décalage avec ce qui est attendu pour l’âge et l’intelligence générale (qui est normale ou supérieure). Critères : difficultés qui durent au moins 6 mois, retentissement significatif sur la scolarité, l’autonomie ou les loisirs. Manifestations typiques : écriture très laborieuse, lente, illisible, douloureuse (dysgraphie : l’un des signaux les plus visibles) ; difficultés pour boutonner, lacets, ouvrir les emballages ; difficultés en sport (attraper un ballon, sauter à la corde, parfois vélo tardif) ; difficultés en géométrie (règle, équerre, compas) ; parfois difficultés d’orientation spatiale ; lenteur extrême pour les gestes du quotidien. Prévalence : 5-6 %, plus fréquente pour les garçons. Bonne démarche : en parler à votre médecin traitant ou pédiatre, qui prescrira vision et audition, et orientera vers ergothérapeute et psychomotricien pour les bilans. Particularité : contrairement aux autres troubles dys, le diagnostic ne passe pas par l’orthophoniste mais par ergo + psychomot. Règle : aucun test musculaire, aucune Brain Gym, aucun cabinet non médical ne diagnostique une dyspraxie.

La kinésiologie peut-elle traiter la dyspraxie de mon enfant ?

Non, absolument pas. La dyspraxie est un trouble neurodéveloppemental qui repose sur des mécanismes neuro-cognitifs spécifiques (atteinte de la planification motrice, intégration sensorimotrice, parfois visuo-spatial). Aucune kinésiologie, aucune Brain Gym, aucun protocole « réflexes archaïques » (RMTi et apparentés, dont les bases sont discutées scientifiquement et l’efficacité spécifique non documentée dans les revues sérieuses), aucune approche complémentaire (hypnose, sophrologie, « coaching moteur », méthodes propriétaires) ne traite ni ne rééduque une dyspraxie : cela ne marche pas. La promesse en ce sens est trompeuse, signalée par les autorités sanitaires et la Miviludes. Ce qui marche : la rééducation ergothérapique sur prescription médicale (centrée sur l’autonomie, l’écriture, l’ordinateur comme support compensatoire, l’aménagement environnemental) et la psychomotricité (centrée sur la coordination, le schéma corporel, la latéralité, l’orientation spatiale), parfois orthophonie selon les profils (dyspraxie verbale, troubles dys associés), parfois orthoptie (oculomotricité) ; plus les aménagements scolaires avec l’ordinateur comme levier majeur ; plus le soutien émotionnel. Risque spécifique de la kinésiologie pour la dyspraxie : retarder les bilans et rééducations validés, charge financière inutile, confusion conceptuelle. Pour les parents : un accompagnement du vécu peut s’envisager au cabinet, en complément d’un suivi de l’enfant auprès des bons professionnels.

Pourquoi l’ergo plutôt que l’orthophonie pour la dyspraxie ?

Précision importante. La dyspraxie est un trouble du geste volontaire : contrairement aux autres troubles dys (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie) qui relèvent du langage au sens large et de la compétence spécifique de l’orthophoniste, la dyspraxie relève principalement de l’ergothérapie et de la psychomotricité, deux professions para-médicales réglementées en France (diplômes d’État) dont la compétence spécifique est : pour l’ergo, l’autonomie dans les activités du quotidien, le geste fonctionnel (écriture, manipulation), l’adaptation de l’environnement, l’ordinateur comme support ; pour la psychomotricité, la coordination, le schéma corporel, la latéralité, l’orientation spatiale et temporelle, parfois la régulation tonique. Ces deux rééducations sont complémentaires et peuvent être prescrites en parallèle selon les profils.

L’orthophonie peut compléter dans certaines situations spécifiques : si votre enfant présente une dyspraxie verbale (apraxie de la parole), c’est l’orthophoniste qui est l’interlocuteur principal ; si la dyspraxie est associée à une dyslexie, dysorthographie ou dyscalculie (ce qui est fréquent), l’orthophoniste intervient pour ces troubles associés en parallèle de l’ergo et de la psychomot pour la dimension motrice. Remboursement : ergothérapie : remboursée en France principalement dans certains cadres (SESSAD, CMPP, hôpital, parfois reconnaissance MDPH avec PCH : voir avec votre médecin), souvent partiellement remboursée ou pas du tout en libéral (problématique récurrente que les associations dys dénoncent), parfois prises en charge par la mutuelle ; psychomotricité : situation similaire (remboursée en CMPP, parfois reconnaissance MDPH, rarement en libéral). Ressources : pour faciliter l’accès aux soins, les associations dys (FFDys, DFD) accompagnent les démarches MDPH qui peuvent ouvrir à un financement via la Prestation de Compensation du Handicap (PCH). Règle : en parler avec le médecin pour l’orientation et l’accès aux soins.

Comment obtenir un ordinateur en classe pour mon enfant dyspraxique ?

Démarche à connaître et à anticiper. L’ordinateur en classe est souvent le levier le plus important pour un enfant dyspraxique : il libère la charge cognitive de l’écriture manuelle (qui mobilise toute l’énergie de planification motrice) et permet à l’enfant de montrer ses compétences réelles. Prérequis : avoir un diagnostic médical de dyspraxie et un bilan ergothérapique qui établit la nécessité de l’ordinateur. Apprentissage du clavier : avant ou en parallèle de la demande, l’ergothérapeute travaille avec l’enfant la maitrise du clavier (frappe à dix doigts adaptée, parfois logiciels d’apprentissage). Cet apprentissage prend du temps : anticiper plusieurs mois.

Démarche scolaire : deux voies possibles selon la gravité : Plan d’Accompagnement Personnalisé (PAP) qui autorise l’usage personnel d’un ordinateur, ou Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) via la MDPH avec reconnaissance handicap, qui peut financer l’ordinateur (matériel adapté financé par la MDPH) et éventuellement une AESH. Démarche MDPH : dossier complet (diagnostic médical, bilans ergo et psychomot, compte rendu scolaire, projet de l’enfant), parfois passage en commission, délais longs (souvent 6-12 mois) : anticiper grandement. Logiciels adaptés : traitement de texte, parfois prédicteur de mots, parfois dictée vocale, parfois synthèse vocale pour la relecture, parfois logiciels de géométrie dynamique (point particulièrement utile en dyspraxie visuo-spatiale). Accompagnement : l’ergothérapeute peut accompagner la mise en place en classe, les associations DFD et FFDys ont des ressources utiles pour les démarches. Règle : anticiper, dialoguer avec l’ergo, le médecin scolaire, l’établissement, parfois consulter les associations pour les démarches MDPH. L’ordinateur n’est pas tricher : c’est un aménagement légitime qui change la scolarité.

Les méthodes « réflexes archaïques » (RMTi, INPP) marchent-elles ?

Très grande prudence. Les méthodes dites de « réflexes archaïques » ou « réflexes primitifs non intégrés » (RMTi - Rhythmic Movement Training International, INPP - Institute for Neurophysiological Psychology, et méthodes apparentées) postulent que des réflexes du nouveau-né qui persisteraient anormalement tard dans l’enfance causeraient des troubles moteurs, de la dyspraxie, du TDAH, des troubles dys, et qu’une rééducation spécifique de ces réflexes permettrait de traiter ces troubles. Réalité scientifique : les bases théoriques sont contestées (la persistance des réflexes primitifs comme cause centrale des troubles dys ou TDC n’est pas reconnue dans les classifications médicales internationales DSM-5/CIM-11 ni dans les guidelines), et l’efficacité spécifique des méthodes de rééducation associées n’est pas documentée dans les revues scientifiques sérieuses au-delà des effets non spécifiques. Méfiance : certains praticiens (parfois même certains ergothérapeutes ou psychomotriciens formés à ces méthodes privées) les proposent en complément ou en remplacement de la rééducation conventionnelle : prudence particulière si on vous propose des forfaits coûteux, des formations parents payantes, ou si l’approche dévalorise l’ergo/psychomot conventionnelle. Conduite : préférer les approches validées (top-down centrées sur la tâche fonctionnelle, recommandées par les guidelines internationales), demander à votre ergothérapeute ou psychomotricien sur quelles bases il travaille, ne pas hésiter à demander un deuxième avis si vous avez des doutes. Règle : les exercices proposés en eux-mêmes ne sont généralement pas dangereux, mais ils ne doivent pas retarder ou remplacer les rééducations conventionnelles validées ni alourdir la charge financière familiale.

Mon enfant pourra-t-il faire des études même s’il est dyspraxique ?

Oui, dans la grande majorité des cas. La dyspraxie rend les apprentissages plus difficiles mais n’empeche pas les études ni la réussite professionnelle. Clés : diagnostic précoce, rééducation ergo + psychomot dans la durée, aménagements scolaires avec passage à l’ordinateur qui change réellement la donne, soutien émotionnel qui maintient confiance et estime de soi, parfois AESH en primaire et collège. Choix d’orientation : la dyspraxie ne ferme pas les filières intellectuelles (littéraires, scientifiques avec adaptation, sciences humaines, droit, gestion, parfois professions de la communication, etc.) : l’intelligence est intacte. Certaines orientations sont plus difficiles (métiers manuels demandant une motricité fine précise, certains métiers techniques très coordinatifs, certaines filières sportives), mais ce n’est pas une règle absolue : chaque enfant trouve sa voie selon ses goûts et ses forces. Important : ne pas présumer trop tôt des limites : écouter l’enfant, valoriser ses forces (souvent un enfant dyspraxique a des forces remarquables en langage, raisonnement, culture, créativité, sensibilité), parler avec les professionnels au moment des choix d’orientation. Adultes dyspraxiques : beaucoup réussissent leur vie professionnelle et personnelle, l’ordinateur est partout dans le monde adulte, beaucoup de métiers ne demandent pas une motricité fine précise. Associations : DFD (Dyspraxique mais Fantastique) montre par son nom et ses ressources qu’une trajectoire de réussite est possible et même fréquente avec un parcours adapté. Règle : la dyspraxie n’est pas un destin : avec une bonne prise en charge et un état d’esprit familial soutenant, votre enfant trouvera sa trajectoire.

Et si je suis épuisé-e en tant que parent face à la dyspraxie de mon enfant ?

Très fréquent et légitime. Accompagner un enfant dyspraxique est particulièrement éprouvant parce que l’agenda des rendez-vous est souvent le plus chargé de tous les troubles dys : ergothérapie hebdomadaire, psychomotricité hebdomadaire, parfois orthophonie, parfois orthoptie, parfois médecine, parfois suivi psychologique : plusieurs rendez-vous par semaine, souvent à payer en partie (les remboursements en libéral sont souvent partiels en France), souvent loin du domicile. S’y ajoutent : les devoirs souvent éprouvants, la lutte avec l’école pour l’ordinateur et les aménagements, les démarches MDPH chronophages, parfois la fragilisation professionnelle (rendez-vous pendant les heures de travail), parfois la culpabilité, parfois les conflits dans le couple ou la fratrie. Vous aussi avez besoin d’être soutenu-e.

Ressources pour vous : votre médecin traitant, un psychologue (parfois Mon Soutien Psy 12 séances remboursées par an, accessible aux adultes), associations de parents (Fédération Française des Dys, DFD : Dyspraxique mais Fantastique : très actives, accompagnent les démarches MDPH, organisent rencontres entre parents, ressources concrètes), parfois aide à domicile via la PCH si reconnaissance handicap. Stratégies pratiques : ne pas porter tout seul-e, partage avec l’autre parent, protéger des temps pour vous, vous déculpabiliser (la dyspraxie a une composante génétique mais ce n’est « de la faute » de personne), relativiser : votre enfant aura sa trajectoire, beaucoup d’adultes dyspraxiques réussissent. Vigilance : c’est dans ces moments de fatigue que les méthodes miracles (Brain Gym, RMTi, méthodes propriétaires, coachs) sont les plus tentantes : discernement. Au cabinet (adulte) : un accompagnement complémentaire de votre vécu (fatigue, doute, parfois bascule vers un burn-out parental) peut s’envisager en complément du suivi de l’enfant auprès des bons professionnels. Règle : prendre soin de vous est aussi prendre soin de votre enfant.

Peut-on consulter à Nice ou en ligne pour la dyspraxie ?

Le cabinet reçoit en présentiel uniquement, au 12 boulevard Joseph Garnier à Nice (tramway ligne 1), uniquement des adultes : aucune séance n’est proposée aux mineurs, et la dyspraxie ne se traite pas en kinésiologie : choix éthique non négociable. Pour votre enfant dyspraxique, les bons interlocuteurs sont strictement médicaux et para-médicaux : pédiatre ou médecin traitant en premier (examen, recherche d’une cause neurologique spécifique, examens sensoriels, prescription des bilans), ergothérapeute (bilan fonctionnel et rééducation validée centrée sur l’autonomie, l’écriture, l’ordinateur), psychomotricien (bilan psychomoteur et rééducation : coordination, schéma corporel, latéralité), parfois orthophoniste (selon les comorbidités ou dyspraxie verbale), parfois orthoptiste, parfois neuropsychologue, parfois pédopsychiatre, neuropediatre, médecin de médecine physique et réadaptation, centre référent des troubles du langage et des apprentissages, équipe scolaire, médecin de la CDAPH pour les aménagements aux examens, MDPH pour PPS, AESH, PCH.

À Nice et dans les Alpes-Maritimes : médecins traitants, pédiatres, services de pédiatrie et de pédopsychiatrie du CHU de Nice (avec centre référent des troubles du langage et des apprentissages), ergothérapeutes libéraux et en SESSAD/CMPP (souvent délais longs : anticiper), psychomotriciens libéraux et en CMP, orthophonistes selon les comorbidités, orthoptistes, neuropsychologues, kinésithérapeutes parfois, médecine scolaire, RASED, Fédération Française des Dys / DFD (sections départementales). Pour un parent épuisé-e ou inquiet-e dont l’enfant est déjà engagé dans son parcours ergo et psychomotricité, un accompagnement de votre propre vécu peut s’envisager au cabinet, en complément, sans diagnostic à distance, sans conseil éducatif normatif, sans substitution. Le test musculaire n’a aucune valeur pour ces situations, et n’a jamais à être pratiqué sur un enfant. Urgences : 3114, 119, 3018, 15 / SAMU.

Pour un échange
sur votre situation précise

Cabinet adultes · 12 bd Joseph Garnier, 06000 Nice · présentiel uniquement · adulte 70 € · 06 11 77 46 35